Dans l’atelier de Joana Vasconcelos : entre monumentalité, artisanat et surréalisme
Avant l’exposition réalisée avec Arne Quinze à la Citadelle de Villefranche-sur-Mer, Joana Vasconcelos a ouvert les portes de son immense atelier lisboète, installé dans un ancien entrepôt de céréales de 2 400 m². À la fois atelier, espace d’exposition et centre de production, il réunit près de 60 personnes et fonctionne comme une véritable manufacture artistique.
Des équipes spécialisées y travaillent le métal, les azulejos, la broderie, le crochet ou encore le tricot. Plusieurs œuvres emblématiques de l’artiste y sont également présentées, dont son célèbre escarpin réalisé avec des casseroles et un immense cœur inspiré de celui exposé à Versailles.
Le travail de Vasconcelos repose sur la transformation d’objets du quotidien et de savoir-faire artisanaux en œuvres monumentales, souvent teintées d’ironie et de symbolisme. L’artisanat portugais occupe une place centrale dans cette démarche, qui brouille les frontières entre le domestique et le public, le familier et l’extraordinaire.
Cette approche se retrouve dans sa collaboration avec Arne Quinze pour « L’Absurde et le Rêve » à la Citadelle de Villefranche-sur-Mer. Invitée par l’artiste belge, Vasconcelos participe pour la première fois à une création à quatre mains. Tous deux partagent un langage fondé sur la monumentalité et le surréalisme, en écho à l’univers de Jean Cocteau.
Son œuvre conserve également une dimension critique, notamment autour de la condition féminine. En détournant des objets associés à l’univers domestique, elle questionne les rôles et les rapports de pouvoir de manière symbolique.
À Lisbonne comme à Villefranche-sur-Mer, la monumentalité de Vasconcelos s’appuie ainsi sur la minutie de l’artisanat, transformant les objets ordinaires en œuvres spectaculaires, poétiques et porteuses de sens.